Ma vie d’avant.

 

Dans ma vie d’avant la récidive, j’étais photographe.

 

Je suis encore nostalgique quand je regarde mes photos ou des portraits de photographes que j’admire. J’ai parfois la fibre qui remonte à la surface et l’envie de m’y remettre, mais ça ne dure jamais longtemps.

Hier, je travaillais sur un symposium cancer/ travail avec des collègues et je réalise à quel point j’ai sous-évalué cette partie de ma vie « d’après la maladie.»
Jamais je n’aurais pensé quitter la photographie ! C’était toute ma vie. Tout ce qui, à ce moment, me représentait.

 

Cette coupure a été très difficile quand j’ai pris la décision de tout arrêter. Mes traitements étaient si agressifs que j’avais dû donner mes contrats en sous-traitance pendant l’été, pour finir par me faire à l’idée… celle que j’avais été au bout de ce chapitre de ma vie.

 

Une fois la décision prise, ça été le début d’une longue et périlleuse trajectoires, suivies d’une grande remise en question à 40 ans.

 

Dans quoi je me réoriente? Qu’est-ce qui m’intéresse? Dans quoi je suis bonne? Par où commencer?

 

Le retour au travail ou, comme dans mon cas, la recherche d’un nouveau poste n’a pas été chose facile.

 

J’avais envoyé plus d’une vingtaine de CV et après quelques semaines, toujours rien reçu. Aucun retour de courriel. Aucune réponse. Le sablier s’est mis en marche et le stress a commencé à s’installer.

 

J’étais en plein traitement, un moment où je devais prendre soin de moi, de mon corps, de ma santé, mais j’étais complètement apeurée de la suite des choses. Comment j’allais faire après un an d’arrêt de maladie pour retourner sur le marché du travail? Reprendre le « beat » avec notre train de vie, les enfants, l’hypothèque, etc.

 

J’avais un an pour repartir à zéro. Un compte à rebours insensé à gérer dans la situation actuelle.

 

Ça n’a pas été une année de congé. Ça été une année à bâtir.
Le retour au travail est une infime partie des défis auxquels on fait face avec la maladie.

 

Aujourd’hui Krabēo me rend heureuse !

 

Mais quand j’entends que le cancer de la peau c’est banal, je repense à tout ce que j’ai traversé. C’est mon moteur, mon carburant pour continuer de sensibiliser sur le sujet et m’impliquer à la cause.

 

Surtout pour les jeunes. Personne ne devrait avoir à vivre ça.

 

Ce qui est le plus précieux pour moi maintenant, c’est d’avoir un travail que j’aime, que j’ai choisi et la santé inside and out (mentale et physique).

 

Prenez soin de la santé de votre peau 💛

 

Marie-Eve xx
18 décembre, 2023 — Marie-Eve Richard

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